Ninar Esber est née en 1971 à Beyrouth, elle vit et travaille à Paris.

Artiste et écrivain, elle est diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts de Paris – Cergy. Elle utilise son corps comme matériau dans une pratique tournée vers la performance, la vidéo, la photo et le dessin jouant des notions de répétitions, de simultanéité, parfois d’immobilité et de résistance.

« Depuis plus de 19 ans mon travail m’a mené simultanément vers différents axes de réflexion : la place du corps dans l’espace intime et publique, le corps et ses temporalités multiples, le corps et ses identités multiples.
Un corps en morceaux dans des espaces instables, mouvants. Un corps au présent pour délivrer du passé.

En 2000 j’ai commencé par explorer les hauteurs avec un geste simple celui d’être debout entre ciel et terre, inspirée par le geste tellement « contemporain » de Siméon le Stylitte au 4 eme siècle de notre ère.

Face à la ville (On the roof of Kom Grab, 2008 au Caire), parfois immobile telle une sentinelle face à la mer (The Blind Lighthouse, 2016 Samos, Grèce, ou encore à Paris, Sur le toit de Pantin, 2007) ou tout simplement en me confrontant à l’architecture très politique de Manhattan (New York Vertigo, 2006 ; New York).

Ces performances obéissent à une recherche constante de la place du corps, face à l’autre, à l’adversité, mais également face au temps qui passe, car ces performances pouvaient durer plusieurs heures. C’est bien sûr la recherche d’une place pour mon propre corps. Un corps hors sol, en morceaux entre plusieurs continents, suspendu entre ciel et terre où le présent devient un espace de solitude.

Ce rapport au temps est également présent dans mon travail graphique et de vidéo. Des gestes répétitifs dans la série Le cercle des gestes, Tirer un trait 2005-2019 (dessins-unité de temps), The Stabilizer bar and the time stretchers, 2011 (performance, dessins, publication).

Compter, contrôler, étirer et matérialiser le temps, une multiplication de soit par le geste, pour remplir le vide et reconstruire l’espace et les corps. Ces corps dispersés prisonniers de plusieurs géographies.

(Algorithmes, 2002 ; Deux fois deux, 2007 ; For 2 minutes, 2011) vidéos.
Une grande partie de mon travail comprend également une recherche sur l’espace entre les personnes, l’exil intérieur ou extérieur. Cet exil et son espace de séparation (les Formes 2002-2019). Travail qui a commencé avec la performance Room with a View, 2002 et qui est toujours en cours.

Et enfin un travail de résistance face à des évènements du monde, crispations identitaires, discriminations et autres mises à l’écart d’autrui. Des souvenirs de guerre vécue et des convictions féministes avec des pièces comme Colors, 2003; l’Arlésienne, 2005 (photo); The 99 names of the Delicious, 2006 ; Torso, 2012-2016 (installation); La Bonne Graine, 2012 (performance); Triangle pour femmes désobéissantes, 2012 (Vidéo). »

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