Katiuzsa’s Ladders

Installation pour l’exposition NOWA SODA
Centre Centrum Stzuki Solway, Cracovie, Pologne
2010

Cet endroit a été depuis le début du 20ème siècle le théâtre de
bouleversements, de violences et de crises. Soumise aux mutations et aux
transitions les plus contradictoires, cette région de la Pologne, a été
réhabilitée et, finalement, recréée. Son mouvement forcé et sa métamorphose
m’ont intéressée et touchée. J’ai souhaité rendre l’esprit de cet immeuble (le centre Stzuki Solway) en perpétuelle transformation, en construisant une « rampe de décollage » jouant comme une « antenne de décollage ». Une sorte de Take off Ramp/Launch Ramp qui renvoie de manière subliminale à certains dispositifs militaires* du temps de la
guerre froide, et de la guerre civile d emon enfance. Une manière pour moi d’inscrire cette sculpture dans l’Histoire.

*La Katioucha (en russe Катюша), diminutif affectueux du prénom russe Ekaterina, Catherine, est le surnom donné par les Soviétiques à un lance-roquettes en rafales de la Seconde Guerre mondiale.
Surnommé par les Allemands « orgue de Staline » (Stalinorgel) à cause de ses caractéristiques, elle consistait en un camion tirant des roquettes en rafales. Plusieurs batteries de Katiouchas étaient généralement alignées, dans le but de créer un tir de barrage et de destruction très important. Leur formidable puissance de feu était néanmoins altérée par une forte imprécision du tir.
Il existe deux versions de ce lance-roquettes en rafale, le BM-8 de 82 mm et le BM-13 de 132 mm (BM pour Boyevaya Machina, « véhicule de combat »). Chaque camion comportait entre 14 et 48 lanceurs.
Les Katioucha sont la réponse soviétique aux Nebelwerfer et Panzerwerfer allemands.
Le terme Katioucha est devenu générique pour désigner les lance-roquettes d’origine soviétique ou s’en inspirant. Ainsi il est utilisé notamment dans la guerre civile au Liban (1975-1990) ainsi que le conflit israélo-libanais de 2006.
La petite histoire veut que les « orgues de Staline » aient été inspirées par la machine infernale de Giuseppe Fieschi, responsable de l’attentat meurtrier commis Boulevard du Temple, à Paris, contre Louis-Philippe, le 28 juillet 1835. Cette machine était constituée de vingt-cinq canons de fusils alignés et placés sur le rebord d’une fenêtre.

Katiuzsa's Ladders

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